Stade Rennais : Julien Stéphan à l’heure de son bilan

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France – « Coach, je vous remercie sincèrement pour tout […] Je vous dois beaucoup […] merci pour vos conseils si précieux. » C’est avec ces mots que le jeune milieu de terrain, révélation de la saison passée à Rennes, Eduardo Camavinga, a fait ses adieux à « son » entraîneur sur le réseau social Instagram ce matin. Embourbé dans une série noire en championnat, le jeune technicien du banc rennais a en effet décidé de mettre fin à son mandat. Une démission surprise, précipitant un départ qui semblait, néanmoins, de plus en plus d’actualité ces derniers temps. Florian Maurice, directeur sportif du SRFC, annonce déjà partir en quête d’un nouvel homme pour mener à bien le projet du club. A l’aune de cette démission, il est temps de dresser le bilan du coach Stéphan en Bretagne.

Une vision du foot bien précise

La première impression que laisse Julien Stéphan lorsque l’on regarde son bilan rennais, est que le travail qu’il a accompli est particulièrement satisfaisant. En effet, avec une qualification historique en Ligue des Champions – chose que Rennes n’avait jamais réussi à accrocher -, Stéphan a clairement fait progresser Rennes. En parvenant à mener son équipe jusqu’à la troisième place du podium la saison passée, ce dernier a montré une capacité de gestion indéniable. En proposant un jeu offensif, ainsi qu’un milieu de terrain créatif, le fils de Guy Stéphan a fait montre d’une vision du football précise, et surtout efficace, puisque concluante à l’arrivée en terme de résultats.

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En s’appuyant autant sur la jeunesse que sur l’expérience de certains joueurs, le technicien français a su tirer tout le potentiel de l’effectif rennais l’an passé. Son impact et son engagement dans la formation rennaise ont notamment été déterminants dans sa réussite.
Issu, lorsqu’il prend les commandes de l’équipe à l’approche de la trêve hivernale de 2019, du centre de formation et de l’équipe B de Rennes qu’il dirigeait, Julien Stéphan n’a eu de cesse de continuer à entretenir ce lien étroit avec l’académie « Rouge et Noire » de Rennes. En faisant entrer avec parcimonie, mais toujours de manière juste et réfléchie, des jeunes pousses dans le groupe professionnel, Stéphan s’est parfaitement appuyé sur ce centre de formation, reconnu comme l’un des meilleurs d’Europe.

Alors même qu’il n’était plus en charge de la formation, il lui arrivait souvent de se rendre à La Piverdière – centre d’entraînement des jeunes – pour assister au match de National 2 ou 3, que la Stade Rennais II pouvait disputer. Une attitude intelligente donc, qui souligne sa vision à long terme du football, ainsi qu’un certain attachement à faire émerger, puis à faire briller sous ses ordres, de jeunes espoirs locaux. Et cela a payé ! Ainsi, c’est sous son mandat que toute l’Europe a pu se rendre compte du talent époustouflant de Camavinga. De même, cette saison, c’est une nouvelle fois grâce à Julien Stéphan, qu’Adrian Truffert, latéral offensif, a pu faire ses preuves. Des preuves très concluantes, puisque ce dernier s’est imposé dans le onze rennais cette saison.

Un homme patient

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Julien Stéphan s’est donc appuyé sur cette jeunesse, l’a responsabilisée, et sa confiance qu’il a placée dans ces jeunes, a finalement porté ses fruits. Au delà de son intérêt donc pour la jeunesse, il s’est également imposé comme un excellent gérant de cette dernière, l’introduisant au plus haut niveau grâce à une capacité de dialogue indéniable.

A côté de cela, Julien Stéphan est également apparu patient, une qualité rare dans le football d’aujourd’hui. Une qualité qu’il a surtout utilisée lorsqu’il s’est agi de régler certains problèmes de rendements avec des éléments d’expérience du groupe. Ce fut notamment le cas avec Hatem Ben Arfa. Son recrutement, pour finir concluant, n’a pu devenir qu’une réussite grâce à la patience, mais également à la fermeté de Julien Stéphan. Gérer l’intronisation de jeunes dans un groupe est une affaire, tirer le meilleur de joueurs expérimentés, en est une autre. A la vue de l’action de Stéphan à Rennes, on se rend compte que ce technicien a la capacité de remplir ces deux missions. En ce sens, avec le cas épineux d’Hatem Ben Arfa, Stéphan a fait preuve de patience, donnant du temps de jeu à un joueur qui en manquait. En lui manifestant son soutien, l’ex-coach rennais a fini par faire, ou refaire, d’Hatem, un vrai joueur de foot, tant physiquement, que mentalement. Une réelle preuve de talent de la part de ce coach, qui a ici relevé un défi loin d’être gagné d’avance. Une nouvelle fois, le succès fut finalement au rendez-vous, et quand bien même la fin de collaboration entre ces deux hommes fut houleuse, il en reste une trace, magnifique : un titre en Coupe de France.

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La même analyse peut être menée avec le cas M’baye Niang. A nouveau ici, Julien Stéphan a fait montre d’humanité, de compréhension, lorsque le joueur d’origine africaine a débarqué, en manque de rythme et de confiance, à Rennes. Comme pour Ben Arfa, sous ses ordres, Niang est redevenu un buteur, compétitif et athlétique, jusqu’à devenir un leader dans cette équipe.

Du Betis au Fc Séville, de l’insouciance à la dure réalité

Ce management hors pair, a donc conduit Julien Stéphan au succès. Un succès en compétition européenne, tout d’abord, avec une double confrontation d’anthologie, gagnée in fine, aux dépens du Betis Séville en Europa League. Ce parcours en Europe, aussi fou qu’inédit pour Rennes, a porté Stéphan pendant bien des matchs. En effet, si l’on regarde le parcours de Rennes depuis cette folle soirée Sévillane, une dynamique se dessine clairement. Cette dernière a ainsi emmené Rennes à Saint-Denis, avec une victoire de prestige face au PSG en finale de la Coupe de France. Une dynamique, qui a également poursuivi Rennes la saison dernière, qui fut, hormis une campagne européenne décevante, quasi parfaite dans les grandes lignes, avec une troisième place au bout.

Pendant un an, à cheval sur deux saisons, Rennes a vécu comme dans un rêve. Certes, cette équipe n’a pas toujours affiché un visage séduisant, et des défaites sont passées par là. Cependant, un véritable collectif a su émerger, et porter ainsi Rennes en championnat, donnant à ce club une chose essentielle, qui a toujours manqué à cette écurie de Ligue 1 : la régularité. Un sentiment d’insouciance a régné pendant plus d’une saison sur les bords de la Vilaine. Rennes était devenu une équipe reconnue, en Europe comme en France, et faisait la fierté de son propriétaire, François Pinault, qui semblait heureux comme un enfant, jusqu’à préférer le foot à l’art contemporain pendant un temps. C’est dire combien Stéphan avait su redonner une fierté perdue à ce club, qui semblait vivre depuis longtemps dans une certaine suffisance, qui l’empêchait de progresser à tous les étages.

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Le recrutement en prêt de Steven Nzonzi, international français, et champion du Monde 2018 avec les Bleus de Didier Deschamps, et Guy Stéphan, traduit parfaitement ce qu’était devenu, lors de cette courte, mais intense phase, Rennes : une équipe capable de mettre à mal des grands d’Europe – Arsenal, le PSG -, et donc enfin attractive pour des joueurs expérimentés, et de talent.

Mais le foot va vite, et toutes les périodes, aussi dorées et marquantes soient elles, trouvent toujours une fin. Après l’insouciance, c’est donc le retour à la dure réalité que Rennes a connu. Un retournement qui se faisait pressentir, avant de devenir véritablement d’actualité. Une nouvelle fois, c’est à Séville que tout s’est déroulé, lorsque le Stade Rennais, à bout de souffle, a dû s’incliner face au FC Séville en phase de groupes de la Ligue des Champions 2020-2021. Une défaite lourde, qui a fait mal à cet effectif qui avait déjà montré des signes de faiblesse, mais qui cette fois-ci, s’est retrouvé dans l’incapacité de se relever. La dure réalité est donc apparue aux yeux du SRFC et de son coach : une élimination en coupe d’Europe, et une dynamique en championnat très mauvaise. La défaite lors du premier tour de la Coupe de France 2021 est venue s’ajouter à ce tableau noir, qui s’est mis à peser sur un effectif rennais en perdition, où les nouvelles recrues du mercato – Martin Terrier, Henrique Dalbert -, n’ont pas su réellement faire l’étalage de leurs talents.

Stéphan a donc eu un impact certain sur la forme éclatante de Rennes depuis un peu plus de deux ans. Ses qualités de meneur d’hommes, d’habile gestionnaire d’un effectif jeune, auront su séduire, mais son manque d’expérience – logique puisque Rennes est son premier banc -, a fini par le rattraper.
Néanmoins, le bilan qui ressort de sa première expérience sur un banc de touche, lui est très favorable. Courtisé par Monaco il y a deux saisons pour s’occuper du centre de formation de la jeunesse monégasque, Stéphan a bien fait de décliner cette proposition. Rennes lui a en effet offert un poste qu’il a su conserver tout de même assez longtemps, jusqu’à l’en imprégner de sa patte. Son départ précipité du chef lieu de la Bretagne sonne comme la fin d’une courte, mais brillante, ère pour le SRFC, qui aura sans doute du mal à accrocher l’Europe cette saison.

Pour Julien Stéphan, si sa décision peut être perçue comme un aveu de faiblesse, ou comme un sentiment de panique sur ce bateau qui tangue, elle ne doit cependant pas occulter ce bilan favorable, bien supérieur à celui de Sabri Lamouchi et Christian Gourcuff.

Gabriel Moser.

Publié par Gabriel Moser

Rédacteur en chef du site. Passionné du sport en général. J’ai créé ce site pour apporter une information riche, précise et de qualité au monde du sport. N’hésitez pas, si vous voulez me contacter, à m’envoyer un courriel à l’adresse suivante 📥 gabriel.moser1515@gmail.com

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