Mondial des clubs : Sans forcer, le Bayern bat Al Ahly et file en finale (0-2)

Quatar – Peu médiatisé en France, et donc peu suivi, ce Mondial des Clubs n’est pas, pour autant, inintéressant. Au contraire, il permet à des équipes de différents continents de s’affronter, et offre donc des affiches inédites, ou du moins peu communes, à l’instar de ce Al Ahly – Bayern Munich. Un duel alléchant, opposant une équipe égyptienne souveraine dans son pays, et ô combien dominatrice dans toute l’Afrique, face à un Bayern qui a conquis le monde entier l’an passé par son jeu flamboyant. Sans surprise, l’équipe du Bayern, représentant le Vieux Continent dans ce tournoi, s’est imposée, aisément, mais non largement. Avec « seulement » un écart de deux buts au tableau d’affichage, les munichois ont certes fait leur travail, mais ne se sont pas montrés outrageusement dominateurs comme cela aurait pu être prédit. Ainsi, alors que Lewandowski a rayonné en inscrivant un doublé, le milieu a montré quelques défaillances. Ces dernières seront cependant vite oubliées, tout comme ce match. Désormais, place à la finale !

Première mi-temps

Large favori avant de débuter ce match, le Bayern n’en a pas moins tenu à aligner son équipe type, avec seulement une titularisation nouvelle, et notable : celle de Marc Roca, nouveau milieu bavarois, arrivé l’été dernier, qui a souffert de blessures depuis son arrivée en Allemagne.

Côté égyptien, c’est également une équipe type qui a été proposée par Mosimane, le coach d’Afrique du Sud de Al Ahly, « Meilleure équipe du siècle » – distinction officielle – en Afrique. Pour Al Ahly, l’objectif était clair : utiliser ce match pour montrer que sa puissance et son hégémonie peuvent également s’étendre au-delà du seul continent africain. En effet, si Al Ahly est sans conteste la formation la plus talentueuse dans son continent, elle doit encore faire ses preuves sur la scène mondiale. Face au Bayern, sorti vainqueur de la Ligue des Champions, réputée pour être la ligue la plus talentueuse au monde, l’occasion était donc belle pour les égyptiens de frapper un grand coup.

En confiance en ce début de partie, le Bayern Munich a très tôt montré sa supériorité technique, s’amusant à combiner dans les petits espaces. La défense de Al Ahly s’est donc retrouvée acculée, mais n’a pas, pour autant, baissé les bras. Ainsi, c’est de manière peu académique (mais de manière tout de même) que Al Ahly s’est évertué à repousser les offensives de Coman sur le côté droit notamment, ou bien encore celles de Gnabry sur l’autre versant du terrain.

La domination bavaroise a immédiatement fait surface dans ce match, mais n’a cependant rien donné durant les dix premières minutes. En effet, le Bayern a raté quelques occasions, comme Gnabry de la tête (9′), ou bien a fait quelques erreurs dans la transmission du ballon, à l’image de Roca en début de partie.

Néanmoins, si cette mise en route bavaroise n’a pas été parfaite, la domination de l’équipe allemande sur ce match était incontestable, et c’est donc très logiquement que cette formation a fini par ouvrir le score. Un premier but très plaisant, et construit de manière collective : un débordement de Coman, puis une passe décisive de Gnabry en retrait pour un Lewandowski à nouveau présent au bon endroit, et au bon moment. 1-0 à la 17ème, le Bayern n’a pas attendu longtemps pour faire montre de sa supériorité.

Pleins de bonnes volontés, les égyptiens se sont logiquement inclinés sur cette action de haut-niveau. Cependant, ce premier but ne les a pas éteints pour autant. Ces derniers se sont même projetés davantage dans les minutes qui ont suivi. Un court, mais réel temps fort ou Al Ahly a bien su utiliser toute la largeur du terrain, avant de conclure sur une frappe cadrée, de la tête, et émanant du milieu d’expérience, Amr El Soulia à la 21ème.

Intéressante, cette offensive égyptienne n’a, cependant, pas modifié le rapport de force entre ces deux équipes. Un Bayern toujours aussi dominant a continué à donner des sueurs froides à une défense adverse, peu habituée à subir une telle pression. Roca, suite à une belle action collective, a tenté sa chance à la 26ème, mais a buté sur le dernier rempart adverse, Mohamed El Shenawy.

Comme si le match n’était déjà pas suffisament éprouvant pour Al Ahly, cette équipe a perdu, à la 28ème, l’un de ses éléments cadres, le latéral gauche Maaloul. Yasser Ibrahim El Hanafi, qui n’a disputé que deux matchs cette saison, a du le remplacer au pied levé.

Passé la demi-heure de jeu, le rythme du match a significativement baissé, laissant quelque peu souffler l’équipe championne de la Ligue des Champions de la CAF. Pour autant, dès que le Bayern a voulu accélérer, une occasion dangereuse a eu lieu dans la surface égyptienne. Cependant, qui dit dangereuse, ne dit pas forcément décisive. Le Bayern l’a bien remarqué ce soir, et malgré de nombreuses occasions, le champion d’Europe n’est pas parvenu à marquer le but du break. On a senti que le Bayern ne voulait pas, surtout dans les dix dernières minutes de ce premier acte, forcer son talent. De plus, l’équipe munichoise, qui brille pourtant de part ses automatismes le plus souvent, a ici montré qu’une formation pouvait rapidement perdre ses atouts. Ainsi, lors de (trop) nombreuses phases de jeu, le Bayern a fait montre d’imprécision, ou a pratiqué un jeu beaucoup trop stéréotypé, aboutissant sur des frappes de loin forcées, ou sur des une-deux peu concluants.

Deuxième mi-temps

Au retour des vestiaires, aucun changement n’a été effectué au sein des deux camps. Un statut quo qui s’explique au vu de la première mi-temps qui, si elle n’a pas été parfaite des deux côtés, a cependant globalement répondu aux attentes.

Plus motivés au début de cette seconde mi-temps, les égyptiens ont tenté de mettre la pression sur l’équipe adverse dès le retour au jeu après la pause. Des offensives qui traduisent l’esprit et l’ADN de ce club : ne jamais rien lâcher. De belles valeurs qui ont abouti, sur le terrain, a un bon état d’esprit, qui doit être salué. Ainsi, quand bien même Al Ahly se savait inférieur à son adversaire, cette équipe n’a pas abdiqué, et le stade, bien garni – un véritable plaisir pour nous autres occidentaux, coutumiers depuis plusieurs mois des froides ambiances imposées par les huit-clos qui sont devenus la norme -, et en faveur de l’équipe égyptienne, a également joué un rôle dans la motivation sans faille de Al Ahly.

Malgré ce constat encourageant pour cette équipe africaine, la domination bavaroise s’est, cependant, également appliquée lors de cette seconde période. La première action dangereuse est venue d’une frappe de Coman, repoussée par la défense à la 57ème, et qui a été suivie d’une tentative de reprise de la tête signée Muller. Attentif, le gardien adverse a repoussé ses premières offensives.

Deux actions dangereuses, à la suite l’une de l’autre, ont donc offert deux nouvelles opportunités au Bayern, qui s’est, pour autant, fait plus discret par la suite dans cette partie. Une baisse de rythme, qui a coïncidé avec un nouveau temps fort égyptien. Plus confiants dans leur talent, les joueurs de Al Ahly ont même mis en danger le Bayern. En effet, en développant un jeu s’appuyant sur la largeur du terrain, ainsi que sur des redoublements de passes, notamment sur les côtés, les égyptiens, bon an mal an, ont montré qu’ils n’étaient pas si en deçà du niveau de l’ogre bavarois, du moins sur ce match. Cependant, si Al Ahly a su s’approcher de la surface de réparation adverse, il lui a toujours manqué la dernière passe décisive, ou l’éclair de génie, pour véritablement faire changer le cours de ce match.

Hansi Flick voyant son équipe reculée dangereusement, et devenir quasiment amorphe offensivement parlant, a décidé d’abattre deux de ses cartes : à la 62ème minute, Choupo-Moting le camerounais, ancien parisien, ainsi que Leroy Sané, ancien de Manchester City, l’équipe coachée par Guardiola, sont rentrés en jeu, remplaçant Muller, très présent, mais fatigué, ainsi que Gnabry, totalement absent de ce second acte. Deux changements extrêmement offensifs, traduisant les envies de Flick : alourdir le score pour s’assurer une victoire, qualificative pour la finale de cette Coupe du Monde des Clubs.

Une envie, un vœu qui a été exaucé par ses joueurs. Sans forcer, à la 86ème, Sané a en effet adressé un centre à son coéquipier, sérial buteur : l’inévitable Lewandowski qui a, de la tête, plongé au fond des filets ce ballon flottant. Peu influent dans la construction du jeu durant la rencontre, il a cependant fait preuve d’une efficacité, et d’une froideur spectaculaires face au but, ce qui lui permet de terminer par un nouveau doublé cette demi-finale.

Al Ahly aura tenté de résister, et ce but du break tardif démontre que cette équipe a fait plus que seulement dégager les offensives adverses. Cependant, au vu de l’effectif du Bayern, le multiple champion égyptien ne pouvait tout bonnement rien faire de plus. Néanmoins, Al Ahly s’incline ce soir la tête haute, et ne doit pas avoir honte de sa prestation… bien au contraire !

Gabriel Moser.

Publié par Gabriel Moser

Rédacteur en chef du site. Passionné du sport en général. J’ai créé ce site pour apporter une information riche, précise et de qualité au monde du sport. N’hésitez pas, si vous voulez me contacter, à m’envoyer un courriel à l’adresse suivante 📥 gabriel.moser1515@gmail.com

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